Ubiwiki

>> Le coffre à outils technologiques et pédagogiquesdes enseignants de la formation professionnelle du Québec

Vous êtes ici : Accueil » Dynamiques des paysages et des espaces agricoles dans la région Midi-Pyrénées

>>II Une agriculture et un contexte en mutation

24 mai 2008
Auteur(e) : 

Avertissement

Afin de permettre l’utilisation de ces documents et pour dispenser les utilisateurs de démarches longues et fastidieuses, ce dossier et les documents qui l’accompagnent sont sous licence Creative common. Pour lire les termes de ce contrat, cliquez ici. http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/

(GIF)

A/L’évolution du contexte.

Moins d’actifs agricoles.

Pour commencer, la population agricole de Midi-Pyrénées est en baisse. Entre 1970 et 2000, les effectifs d’actifs présents sur les exploitations agricoles ont régressé de 58 %. Cela est dû en particulier au départ des générations nées entre les deux guerres. En 2007, les emplois agricoles des exploitations représentaient 65 720 Equivalents Temps Plein ( ETP), contre près de 80000 en 2000. Il convient de noter cependant qu’en dépit de cette baisse, dans la région l’agriculture seule ( agriculteur et salariés agricoles) représente environ 5,5 % de la population active, taux supérieur à la moyenne nationale. On observe d’ailleurs des inégalités intra régionales. Dans le Gers, l’agriculture représentait encore 16% des emplois en 2005. La faible part des actifs agricoles dans la population active caractérise les zones périurbaines et les campagnes où se développent de nouvelles activités, notamment touristiques.

Une agriculture de Midi-Pyrénées intégrée dans une politique agricole commune en mutation.

Jusqu’au début des années 80, l’objectif de la Politique Agricole Commune (PAC) prévue dès 1957, fut de faire de l’Europe une puissance agricole capable de satisfaire ses besoins alimentaires. La préférence communautaire, les prix minima garantis, le Fonds Européen d’Orientation et de Garantie Agricole (FEOGA) étaient autant d’instruments destinés à protéger le marché européen et à encourager le développement d’une agriculture intensive. Dans les années 80, les limites de cette politique sont apparues. Elle s’est révélée coûteuse pour le budget communautaire et les situations de surproduction se sont multipliées. En 1992, la PAC fut donc réformée. Elle s’est traduite par une baisse des prix de soutien, la mise en jachère d’une partie des surfaces et l’établissement de limites de production comme les quotas laitiers aujourd’hui discutés. En 2003, l’accord du Luxembourg établissait les nouvelles bases de la politique agricole commune. L’objectif est désormais de mettre en place une agriculture aussi bien durable que compétitive, répartie sur tout le territoire européen, gestionnaire du paysage, respectueuse de l’environnement, structurante dans les espaces ruraux européens, répondant aux préoccupations et exigences des consommateurs en matière de qualité et de sûreté des denrées alimentaires et de bien-être des animaux. Pour cela, les prix de soutien sont à nouveau réduits. Ils se rapprochent désormais des cours mondiaux. L’aide est en partie découplée. Cela signifie que désormais les exploitations reçoivent des aides directes liées à la production mais aussi des versements de droits à paiement unique (DPU). Ceux-ci ne sont plus déterminés par les quantités produites ou les rendements mais par un calcul établi sur la base de la moyenne des primes reçues pendant une période donnée. En Midi-Pyrénées, en 2006, les DPU ont représenté 426 millions d’euros sur un total de 909 millions d’euros d’aides et de subventions. La conditionnalité est un autre aspect de la nouvelle PAC. L’exploitant doit respecter un certain nombre de règles en matière de santé publique, de bonnes pratiques environnementales (bandes enherbées) et d’entretien du paysage (maintien des pâturages permanents) pour obtenir les aides. La Politique Agricole Européenne est donc passée d’une logique essentiellement basée sur l’intensification de la production agricole associée à un revenu satisfaisant pour les agriculteurs à une logique mettent en avant compétitivité, qualité, respect de l’environnement, développement durable, aménagement des paysages. On peut se demander s’il est vraiment possible de concilier tous ces objectifs.

B/L’évolution du métier d’agriculteur.

Comment l’agriculture en Midi-Pyrénées s’adapte-t-elle à ces évolutions ?

La restructuration des exploitations agricoles.

L’adaptation passe d’abord par une concentration des exploitations. La baisse du nombre d’actifs agricoles a été accompagnée par une baisse du nombre des exploitations et une augmentation de la taille moyenne des restantes. Durant la décennie 1990, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de plus de 30 %. Il ne restait plus, en 2007, que 47 580 exploitations dont 30 250 exploitations professionnelles, contre plus de 60000 au total en 2000. Cette diminution concerne plus particulièrement les exploitations de moins de 10 ha. Le processus est à l’œuvre de façon marquée dans le Lot, les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Dans le même temps, la taille moyenne des exploitations a augmenté. Elle est passée de 40 ha en 1988 à 69 ha en 2007. Cette concentration a commencé dès la fin des années 80, mais elle a été accélérée par la vague de départs des générations des années 30, par le choix de la préretraite par un certain nombre d’ agriculteurs et par la réduction du nombre d’installations. Dans la région, l’indice générationnel de renouvellement est passé de 111 en 2000 à 95 en 2007. Cette évolution a profité en particulier aux exploitants de plus de 50 ha qui ont pu agrandir leurs exploitations. Il est à noter que dans un contexte de baisse des prix de soutien et de limitation administrative des productions à l’hectare, les stratégies d’agrandissement peuvent dans certains cas permettre de compenser la baisse des revenus par une augmentation des surfaces et des « droits à paiement unique » associés. Dans la région, les exploitations connaissent d’autres transformations. D’abord en matière de faire-valoir, les habitudes sont en train de changer. Il y a maintenant plus de terres en "fermage" qu’en "faire-valoir direct". Les premières représentaient 55% des superficies exploitées en 2005 contre 43% en 2000. De plus, depuis la fin des années quatre-vingt, le nombre des exploitations individuelles régresse ( - 4,4 % chaque année entre 2000 et 2005) tandis que le nombre d’exploitations de formes sociétaires augmente. Il a progressé de 200% entre 1988 et 2003. Là aussi, le contexte offre un élément d’explication. Depuis 1988, les procédures judiciaires collectives ont été étendues au monde agricole. Les « sociétés » agricoles ont donc désormais la possibilité de déposer le bilan. Le risque est donc moins grand dans ce type de structure pour le patrimoine personnel des agriculteurs. Les deux principales formes juridiques d’exploitations, EARL et GAEC, sont particulièrement représentées dans l’Aveyron et le Gers. On assiste donc à une véritable restructuration des exploitations agricoles en Midi-Pyrénées. Celles-ci sont de moins en moins nombreuses, et de plus en plus grandes, de moins en moins individuelles.

L’optimisation de la production.

Pendant longtemps, l’intensification de la production est allée de pair avec une mécanisation et une chimisation de l’agriculture. Les rendements à l’hectare ont augmenté grâce à l’emploi d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires (fongicides, insecticides, herbicides). L’emploi de ces produits aurait augmenté dans la région de + 28 % entre 1982 et 2003. Même si le parc de tracteurs a baissé depuis 2000, on observe tout de même une modernisation du matériel agricole. Les exploitations agricoles de Midi-Pyrénées avaient en propriété ou co-propriété plus de 119000 tracteurs en 2005 et plus de 6600 moissonneuses batteuses. Dans les élevages, l’utilisation d’aliments composés produits par de grands groupes industriels se développe. Leur usage aurait augmenté de 19 % entre 1982 et 2000. L’optimisation de la production passe aujourd’hui encore par l’irrigation. Midi-Pyrénées se place au deuxième rang des régions françaises dans ce domaine. Il convient cependant de noter qu’après un maximum en 2003 ( 286 000 ha), les surfaces irriguées semblent en réduction. Elles représentent 245 000 ha en 2007. Le maïs représente les 2/3 des surfaces, les oléagineux et protéagineux (soja, pois protéagineux, tournesol) 18 %, l’arboriculture environ 12 %. L’agriculture irriguée est particulièrement représentée en amont de l’Adour, le long du Gers et de la Baïse, dans les secteurs desservis par le système aménagé par la compagnie des Coteaux de Gascogne, la plaine de l’Ariège et la Vallée de la Garonne. Le maïs à lui seul consomme 72% des volumes en eau de l’irrigation. Même si l’hybridation a permis depuis longtemps l’adaptation de cette culture tropicale dans la région, on peut s’interroger sur la pertinence de cette production dans des secteurs où la ressource en eau est dans l’état actuel insuffisante. Elle contribue à faire de l’agriculture la première consommatrice en eau dans la région. S’il est vrai que l’eau prélevée par l’agriculture est restituée selon les différentes modalités du cycle de l’eau, la question de la qualité de ces « effluents » agricoles reste posée. Il est à noter qu’actuellement les surfaces en maïs irrigué reculent (moins 30 000 ha en quatre à cinq ans, soit plus de 5% par an)

On observe également une tendance à la spécialisation des exploitations agricoles. Les systèmes agricoles complexes (polyculture) ont reculé de moitié entre 1988 et 2000. Parmi les exploitations restantes, 40% ont disparu entre 2000 et 2005, soit par disparition complète, soit par spécialisation vers des systèmes de grandes cultures. En 2006, l’INSEE notait que les exploitations professionnelles de polyculture- élevage disparaissent un peu plus vite que les autres au rythme de - 7 % par an en moyenne depuis 2000. La tendance est donc à la simplification des systèmes agricoles.

Le choix entre les différentes productions évolue assez vite. Le maïs irrigué en recul actuellement semble remplacé partiellement par les oléagineux dont les surfaces, elles même régressent, et par des céréales d’hiver. Il est difficile d’expliquer ces choix de production. De nombreux facteurs entrent en jeu. Parmi ceux-ci, on peut citer la mécanisation, le mode d’application français de la nouvelle PAC, l’évolution du marché mondial des produits agricoles, les avantages comparés des terroirs. La spécialisation peut-être un moyen d’amortir rationnellement des investissements coûteux en matériel agricole. Elle peut être l’effet du découplage des aides directes consacrées à certains produits. Les agriculteurs peuvent alors être tentés de produire la culture qui, compte tenu du terroir, de l’évolution des cours et des « droits à paiement unique » leur garantira les revenus les plus importants. En termes de développement durable, la spécialisation pose un problème. Elle implique des importations, des flux de marchandises et donc un développement des transports pour satisfaire les besoins des agriculteurs en aliments pour animaux, en engrais, en semences d’une part et les besoins des consommateurs en denrées d’autre part.

Les OGM sont présentés comme autre mode d’optimisation de la production. Midi-Pyrénées est d’ailleurs la première région de France dans ce domaine. Avec 14000 ha plantés, elle concentre 70% des 19 815 ha de maïs transgéniques plantés dans l’hexagone en 2007. On peut voir dans ce choix de production une adaptation au contexte. Il s’agit du contexte phytosanitaire pour commencer. La France comme l’Espagne et l’Italie sont des pays où la présence de parasites comme les pyrales est forte et se révèle nuisible pour les récoltes. Certains agriculteurs sont donc tentés d’adopter un maïs transgénique résistant à ces parasites. Les OGM auraient l’avantage de réduire la consommation de produits phytosanitaires selon les fournisseurs. Le choix des OGM peut aussi être motivé par le marché international du maïs. En effet, les premières importations d’OGM américains sont intervenues dès 1996. Entre temps, les surfaces européennes cultivées en maïs OGM ont atteint les 70000 hectares ( pour 102000000 d’ha dans le monde). Certains agriculteurs français, limités jusqu’en 2004 par un moratoire sur les cultures d’OGM, craignent de se voir dépassés dans la concurrence qui les oppose aux autres producteurs mondiaux. Enfin, des incertitudes demeurent sur l’impact de ces productions. Les OGM posent cependant un certain nombre de questions. Il est à ce jour difficile de garantir l’absence de répercussions des OGM sur la santé publique. Ensuite, les possibilités de dissémination font craindre pour le devenir de filières agricoles de qualité. Il n’est pas prévu à l’heure actuelle d’indemnisation en cas de contamination des champs et des productions d’un agriculteur « non OGM ». Les agro-industriels qui produisent les semences transgéniques sont déclarés non responsables. Les assureurs refusent d’assurer les exploitants puisque le risque de dissémination est considéré comme certain. Enfin, dans des pays comme les Etats-Unis ou l’Argentine où on commence à avoir assez de recul pour étudier les conséquences des OGM, on observe une augmentation de l’utilisation de produits phytosanitaires sur les cultures de maïs et de soja « roundup ready ». En effet, les « mauvaises herbes » deviennent à leur tour résistantes au glyphosate, l’un des principaux composants du « roundup ». Enfin, les nouvelles valorisations des productions comme la mise en place de filière «  biocarburants » peut apparaître à première vue comme une autre forme d’optimisation de la production en accord avec une logique de développement durable. Dans ce domaine, le potentiel de la région est réel. Quelques agriculteurs francs-tireurs de Midi-Pyrénées ont déjà tenté de valoriser ainsi une partie de leur production Ils ont obtenu ainsi du carburant pour leurs véhicules (pratique très réglementée) et du tourteau pour leurs élevages. Or Midi-Pyrénées contrairement à d’autres régions n’a pas de site autorisé de production de bio carburants. Est-ce regrettable ? La question se pose aujourd’hui de savoir si cette production est réellement compatible avec un développement durable pour plusieurs raisons. La première réside dans le solde de la balance entre les tonnes de carbone économisées par l’utilisation de biocarburants et le coût pour l’environnement de l’ensemble des intrants (énergie, produits phytosanitaires) mobilisés pour réaliser cette production. La deuxième repose sur la concurrence entre productions de denrées alimentaires et productions de denrées énergétiques. Pour substituer 10 % d’« agrocarburants » aux carburants actuels, il faudrait utiliser 43 % des champs américains et 38 % des champs européens selon certains chercheurs. Sur une planète où les besoins alimentaires augmentent avec la croissance démographique, on peut donc s’interroger sur la pertinence de telles orientations agricoles. Du point de vue du développement durable d’autres valorisations des productions agricoles prennent peu à peu de l’importance. Il s’agit des productions de matériaux de constructions.

La valorisation de la qualité, l’exploitation de niches de production.

Dans un contexte de forte concurrence, la mise en avant de la qualité permet de promouvoir les productions. De ce point de vue, la région est la première en France pour le nombre de produits (106) bénéficiant d’une appellation d’origine contrôlée (AOC), d’un label rouge ou d’une Appellation d’Origine Vin Délimité de Qualité Supérieure (AOVDQS). Cependant, les productions sous signes officiels de qualité ne représentent que 13% de la production régionale. Le lien entre démarche de qualité et paysages est fort. En effet, certaines appellations sont déterminées par le terroir, les conditions locales spécifiques de production. Le paysage peut être le reflet de ces conditions particulières. Il est alors mis en avant pour la promotion des produits. Parmi les appellations, on peut citer Roquefort à Millau et Saint-Affrique, vins à Cahors, Gaillac et Fronton, raisins de table à Moissac, agneaux du Quercy à Figeac, haricots tarbais, l’Armagnac dans le Gers.

L’agriculture biologique offre aussi une alternative à la logique productiviste. Midi-Pyrénées est l’une des régions de France où l’agriculture biologique se développe rapidement. Entre 2000 et 2004, la surface en bio est passée de 0,8% à 2% de la SAU. En 2006, cette proportion a atteint 2,8 % de la SAU régionale alors que la moyenne nationale est de 2 %. On dénombrait alors 1214 exploitations en mode de production biologique contre 830 en 2000. Ce type d’exploitations est particulièrement représenté le long de deux bandes qui s’étendent de l’Ariège au nord et au centre du Gers et du Tarn au sud du Lot. A cela s’ajoute une concentration dans le sud de l’Aveyron. Les chiffres présentés plus haut laissent entendre que le « bio » est viable en Midi-Pyrénées. Il semble que ce soit le cas effectivement dans le cadre de filières courtes où les producteurs maîtrisent les marchés, quitte à faire de la vente directe. La valeur ajoutée des produits étant élevée et leur image de marque étant bonne, ils peuvent être vendus à des prix élevés. Compte tenu de la demande, apparaissent également des filières plus complexes associant production, distribution et transformation dans le cadre d’associations interprofessionnelles. Cependant l’absence de marché de la restauration collective pérennisé pose le problème de la viabilité de ces filières sur le long terme. La situation semble plus complexe pour ceux qui ont bénéficié d’aides à la conversion dans le cadre des contrats territoriaux d’exploitation. Ces contrats ayant été abandonnés, certains connaissent des difficultés de trésorerie et abandonnent le bio au profit de l’agriculture raisonnée.

Avec 77 exploitations qualifiées dans la région en septembre 2007 (soit 3,1% des exploitations qualifiées en France) l’agriculture raisonnée commence à se développer en Midi-Pyrénées. Elle est définie par le ministère de l’agriculture comme une pratique qui vise « au-delà du respect de la réglementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations ». Pour être qualifié, l’agriculteur doit respecter des exigences en matière de respect de l’environnement, de la maîtrise des risques sanitaires, de la santé et de la sécurité au travail, du bien-être des animaux et de protection des paysages. Ces exigences sont nationales et territoriales. L’agriculture raisonnée a donc pour objectif d’assurer la viabilité des exploitations tout en limitant l’impact de l’activité sur l’environnement (réduction des quantités de pesticides et d’engrais utilisés). Il existe donc un référentiel qui encadre les pratiques agricoles. L’utilisation de produits phytosanitaires n’est pas exclue mais contrôlée. Pour certains, c’est là que se situent les limites de l’agriculture raisonnée. Elle peut soumettre les agriculteurs à des obligations et à des contrôles très contraignants et elle ne renonce pas à l’utilisation de produits distribués par de puissants agrochimistes.

L’intégration croissante dans des systèmes agro-industriels et la transformation du métier d’agriculteur.

Désormais, de nombreuses activités échappent à l’agriculteur. Il est souvent lié à des industries agro-alimentaires qui transforment sa marchandise après avoir défini par contrat la quantité, la qualité et le prix du produit agricole. Dans certains cas, comme dans le domaine de l’agriculture raisonnée, c’est la distribution qui peut imposer ses conditions afin de satisfaire le cahier des charges lié à leurs gammes de produits. Cette tendance à l’intégration n’est pas nouvelle et pour résister aux exigences imposées par la distribution ou les industries de transformation, les agriculteurs ont crée des groupements de producteurs, des coopératives. Le phénomène est important dans la région. Le secteur coopératif en Midi-Pyrénées est composé de 183 entreprises à statut coopératif et de 100 entreprises de droit privé. Elles réalisent environ 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploient 7000 salariés permanents. Ces structures sont particulièrement importantes dans le secteur des céréales. On peut citer des groupes comme OCCITAN, implanté dans le Tarn, le Tarn et Garonne et l’Aude, VIVADOUR, dans le Gers. Ces groupes collectent ( 65 % des céréales dans la région par exemple) mais ils peuvent aussi fournir les intrants. Ainsi les coopératives céréalières représentent 32 % de l’aliment bétail dans la région. Pour les plus grosses, les coopératives n’échappent donc pas à la logique d’intégration. L’agriculteur a donc parfois le sentiment de ne plus être que le propriétaire de l’outil de travail, obligé de se soumettre à des prescriptions techniques contraignantes imposées par le distributeur, l’industriel ou la coopérative. On observe donc la constitution de véritables systèmes agro-industriels.

La diversification des activités.

La survie de certaines exploitations est en effet parfois liée à la diversification des activités. Proposer également une offre touristique (agrotourisme) est une des solutions développées pour garantir les revenus des exploitants ( le revenu agricole net par actif est relativement faible en MP : 35 % inférieur à la moyenne nationale). Cette pratique existe en Midi-Pyrénées. Notamment, dans le Lot, les Hautes-pyrénées et le Gers. On constate cependant, que le nombre d’exploitations pratiquant également la vente directe ou la restauration est en baisse dans la région.

Conclusion : L’agriculture de Midi-Pyrénées connaît donc de nombreuses mutations. Elle s’insère dans un contexte désormais très contraignant. Dans un marché élargi, la concurrence se développe. Les exigences en matière de qualité, de respect de l’environnement et des animaux augmentent. Les agriculteurs s’adaptent par différents moyens. Ils sont cependant de moins en moins nombreux mais travaillent de moins en moins seuls. Les paysages agraires et ruraux de Midi-Pyrénées sont-ils transformés par ces évolutions ?

Auteur : Nérée Manuel


 

Site développé sous SPIP 1.8.3
Utilise le squelette RÉCIT-FP Partenaires v1.3.5
RSS