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>>L’historien et les mémoires de la seconde Guerre Mondiale en France

28 octobre 2018
Auteur(e) : 

Dates à connaître :

1945 : Procès de Leval et du maréchal Pétain .

1953 : Procès de Bordeaux Question des "malgré-eux"

1954 : Instauration d’une « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation ».

1960 : Multiplication des témoignages des déportés.

1961 : - Procès d’Eichmann en Israël - Traduction en français du livre de Primo Levi

1964 : - Transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon - Loi française établissant l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité

1967 : Guerre des six jours  Etat d’Israël attaque « les voisins » (pays qui l’entoure)  Affirmation de la légitimité de l’état d’Israël

1971 : Sortie du film, Le chagrin et la pitié de Marcel Ophüls  cela démontre que la France n’a pas résisté majoritairement.

1973 : Publication de La France de Vichy de Robert Paxton.

Fin des années 1970 : début de la diffusion publique des idées négationnistes.

1983 : Film Shoah de Claude Lanzmann.

1990 : Les propos négationnistes sont punis par la loi de Gayssot .

16 juillet 1993 : Journée de commémoration, le 53ème anniversaire de la rafle du Val d’Hiv.

1995 : Reconnaissance par Jacques Chirac de la responsabilité de l’état français dans la Shoah.

2000 : Création du mémorial de la Shoah, par Jacques Chirac  il confie la direction de ce mémorial à Simone Veil (ancienne déportée, à Auschwitz à l’âge de 16 ans).

2007 : Nicolas Sarkozy oblige à faire lire la lettre de Guy Moquet dans les établissements scolaires.

Définitions clés :

Crime contre l’humanité : Notion définie dans les statuts du tribunal militaire de Nuremberg chargé de juger les nazis responsables des atrocités commises pendant la 2nd guerre mondiale, et particulièrement de la Shoah.

Epuration : Répression, légale ou spontanée, de ceux qui sont accusés d’avoir collaboré avec l’ennemi pendant la 2nd guerre mondiale.

Epuration officielle : c’est une épuration limitée ayant lancés plusieurs procédures (50 000) certaines non abouti Existentialisme : Doctrine fondée sur le fait que l’homme est libre et responsable de ses actes. Génocide : Crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe.

Histoire : (Document) Récit sur le passé, l’histoire se veut objective. L’historien réalise des enquêtes des études et des analyses. L’historien cherche à adopter une démarche scientifique, il émet des hypothèses, pose des questions et il croise les sources. Il va confronter les sources obtenues (ouvrages, documents d’archives, témoignages, archéologies...)

Mémoire : Tous ce que met en œuvre pour entretenir les souvenirs  ex : journée commémorative, monuments, chansons, plaques (stelle), cérémonies... La mémoire est effectivement un récit sur le passé mais il reste subjectif car elle est plurielle, individuelle, mais elle peut être collective puis aussi être conflictuelle.

Mémorial : Lieu ou monument commémorant un événement ou les victimes d’une guerre, d’un massacre, ou bien d’un crime.

Négationnisme : Théorie non scientifique niant l’existence de la Shoah. En vertu de la loi Gayssot (1990), le négationnisme est un délit.

Résistancialisme : Mythe selon lequel pendant la guerre, les français furent majoritairement et naturellement résistants face au régime de Vichy.

Shoah : Terme emprunté à l’hébreu signifiant « catastrophe ». Il est employé depuis les années 1980 pour désigner l’extermination de près de six millions de Juifs d’Europe par les nazis pendant la 2nd guerre mondiale.

Frise chronologique lien ci-dessous :

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Problématique : Y a t - il une ou plusieurs mémoires ? S’il y a eu des mémoires, quels sont-elles ?

I/ Pour sortir de la seconde guerre mondiale, des mémoires inégalement mises en avant

a) Au 1er plan la résistance

-  Développe un mythe de résistancialisme  en majorité les français qui ont résisté

-  Ce mythe se manifeste par le biais de deux pôles (résistants) : - les Gaullistes - les Communistes “75000 fusillés“

-  Résistants oubliés : - les justes (ceux qui protégeaient les juifs) - résistance étrangère en France (espagnols) - résistance féminine  Certaines mémoires passent en 2nd plan comme les juifs ou bien encore les déportés

b) Une mémoire “oubliée“ : le génocide
-  Mémoire du génocide a du mal à s’exprimer, les déportés ont du mal aussi à se faire entendre  par exemple, le témoignage de Primo Levi qui a été publié en italien en 1947 ne va être traduit en France pas avant 1961, cela dérange.

-  Opinions françaises  sentiment de culpabilité pour ceux qui ne sont pas rentrés dans ces camps et pour ceux qui n’ont rien fait pour les empêcher

-  Opinion publique  pas envie d’entendre ces témoignages durant cette joie de libération  Personne ne peut réellement imaginer ces horreurs vécues dans ces camps (indescriptible et incompréhensible)

c) La mémoire de la collaboration

-  Mémoire partiellement retenue (volontairement oubliée)

 1er épuration sauvage : tonte des cheveux des femmes (ayant une liaison avec des occupants)  humiliation / défouloir psychologique

 2nd épuration sauvage : assassinats

-  Mémoire sélective entre hypermnésie et occultations  mémoire dominée par celle de la résistance

II/ La mémoire évolue corrigée par les historiens

a) Le rôle des historiens et de la justice
-  Années 50 mise en place  comité d’histoire de la 2nd guerre mondiale montrant une résistance diversifiée : - résistance des étrangers - rôle des femmes - résistance socialiste - résistance juive

 ce comité revient à nouveau sur le mythe de résistancialisme

-  Question des « malgré eux »  collaboration ou victime de l’intégration des SS (1953)

-  Film Le chagrin et la pitié (1971) : démontrant que la France n’a pas résisté majoritairement.

-  Sorti du livre de Robert Paxton, La France de Vichy (1973)  démontre la responsabilité autonome du régime de Vichy dans le Génocide et rappelle la collaboration d’Etat

b) La mémoire du génocide
-  1960 : multiplication des témoignages de déportés (mémoire génocide : refait surface)

-  1983 : publication film Shoah de Claude Lanzmann  interroge en caméra cachée un criminel qui témoigne

objectif vu dans le film : - déshumanisation (perte morale) - extermination (de manière efficace) - exécution

c) Explications

-  1961 : Procès d’Eichmann en Israël à Jérusalem  lors de ce procès Eichmann dégage une banalité de ses actes comme une obligation de ces missions dans les camps (“banalité du mal“ d’après Hannah Arendt, philosophe américaine)  il était, l’Organisateur des déportations de juifs et de tziganes

-  1967 : « Guerre des six jours » pour assurer la survie de l’Etat d’Israël

-  Plus en plus difficile de faire reposer l’entière responsabilité du Génocide sur l’Allemagne nazie

-  1980 : remise en cause l’existence des chambres à gaz et génocide par les négationnistes

-  1990 : tous propos négationnistes sont punis par la loi de Gayssot

III/ La mémoire aujourd’hui a) Vers une reconnaissance officielle

-  François Mitterand :  ne considère pas qu’il n’y avait pas d’état français en 1940, il s’agissait du régime de Vichy pas de la République (parenthèse)  refuse de reconnaître la responsabilité de l’état français dans la rafle du Val d’Hiv

-  Journée de commémoration le 53ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv (16/07/1993)

-  Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’Etat français (1995)

-  2000 : création du mémorial de la Shoah  J. Chirac confie la direction du mémorial à Simone Veil déportée à Auschwitz

 cependant il reste une mémoire occultée : le génocide des tziganes, certains historiens rappellent l’existence en France de ces camps d’internement

b) Débat
-  Nicolas Sarkozy oblige en 2007 de faire lire la lettre de Guy Môquet dans les établissements scolaires :  « tentative d’instrumentalisation » de la jeunesse recourt à l’émotion pour imposer une mémoire  bon moyen de donner l’exemple  l’idée de faire prendre en charge la mémoire des déportés par des primaires a été abandonnée

Conclusion : Il y a donc plusieurs mémoires dans la 2nd guerre mondiale. D’abord, une mise en avant de la résistance française. Ensuite, émerge la mémoire des génocides vers 1960. Vers 1970-1980, les témoignages se multiplient. L’historien doit prouver la vérité de l’histoire passé.


 

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