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19 novembre 2016
Auteur(e) : 

Titre : La première guerre mondiale : une ou des expériences combattantes dans une guerre totale ?

Définitions de la leçon :

Guerre de mouvement : où la priorité est donnée à l’offensive et aux tentatives de débordement de l’adversaire.

Guerre de position : c’est une guerre où l’objectif est d’empêcher l’adversaire de progresser. C’est une guerre défensive, d’usure destinée à affaiblir l’adversaire pour tenter une offensive localisée pour rompre le front.

Brutalisation : Désigne la contagion des sociétés des pays belligérants en temps de paix par des habitudes, des pratiques de violences contractées sur le champ de bataille lors du premier conflit mondial.

Pacifisme : définition extensive employée pour désigner un sentiment immédiat, un attachement à la paix partagé par une large majorité des populations dans l’entre-deux guerres.

Mutinerie : refus collectif d’obéir à la hiérarchie militaire.

Expériences combattantes : tout ce que vit le combattant dans toute la durée de son combat.

Guerre totale : guerre qui fait disparaître la distinction entre le front et l’arrière, où tous les moyens sont mobilisés : humains (combattants, main d’œuvre), économiques (industrie, agriculture, capitaux), politiques, armes (chars), technologiques, communication (presse, radio). C’est une guerre de durée.

La première guerre mondiale : Le 28 juin 1914 est assassiné à Sarajevo, l’archiduc François-Ferdinand héritier du trône d’Autriche. Cet évènement, par l’engrenage du jeu des alliances, embrase finalement l’ensemble de l’Europe. Le vieux continent plonge alors dans l’été 1914 dans un conflit qui s’éternise jusqu’à l’automne 1918. Entre temps, il connaît trois grandes phases au cours desquelles alternent guerre de mouvement et guerre de position.

Repères chronologiques de la leçon :

Borne : l’avant-guerre (1914) et l’après-guerre (1918) en France

Plan de la leçon :

Problématique : La première guerre mondiale est-elle une guerre totale ? Si oui pourquoi ? A l’occasion du premier conflit mondial, les combattants ont-ils une ou des expériences de la guerre ?

I- La représentation de la guerre, avant la guerre

A/ La mobilisation des consciences Moyens : institution de l’Etat (bataillon scolaire), la presse (propagande), la religion, l’esprit de revanche (1871 perte de l’Alsace-Lorraine). La religion catholique contribue également à la mobilisation des esprits ainsi que les discours de guerre.

B/ Une guerre « démocratique ». Elle réunit pour la défense de la patrie des citoyens-soldats. Le conflit est souvent présenté comme la guerre des démocraties (France, Royaume-Uni) contre l’autoritarisme en occultant parfois l’alliance à la Russie autocratique.

C/ ...et « héroïque » La guerre envisagée par les autorités est une guerre courte, offensive et peu coûteuse en hommes. L’image du combattant est alors celle du soldat debout, le corps dressé. On croit alors à une guerre héroïque, où les qualités des combattants, l’entraînement, l’expérience, voire les qualités physiques et psychiques doivent permettre aux soldats de se distinguer.

D/ ...pour favoriser l’engagement. Il y a dans ce contexte une acceptation sinon un consentement à la guerre. L’image de combattants partant au combat la fleur au fusil correspond à une réalité [Image]. Mais d’autres historiens considèrent que dans les campagnes, au moment des moissons, on assiste plutôt à une acceptation résignée de la mobilisation qu’à un réel enthousiasme. Au total, la France de près de 40 millions d’habitants mobilise au début du conflit presque 900 000 hommes. Au total, pendant la guerre se furent 8 millions d’hommes qui furent mobilisés.

II- La représentation de la guerre après la guerre

A/ Face à la réalité d’une mort anonyme dans une guerre industrielle.... Les soldats ont connu la guerre offensive au début du conflit. Dès décembre14, se met en place une guerre de tranchées, dans le cadre de la guerre de position. Le froid, la boue, la vermine aggravent les conditions de vie. A l’exception des assauts, les soldats sont le plus souvent couchés. La mitrailleuse a un impact important dans la guerre. Il faut ajouter à cela l’utilisation des mines, des gaz de combats et l’aviation. Ces conditions doivent être endurées sur de longues périodes et le rythme des permissions est inégal.

B/ Le rapport à l’ennemi. A l’occasion du conflit il y a une véritable brutalisation des combattants. A. Prost conteste cette vision des choses en montrant la diversité des attitudes au front. Pour certains historiens, la guerre libère des pulsions de violence latentes dans les sociétés. Les actes cruels s’auto-alimentent par leurs propres effets dans une sorte d’escalade de la violence. Les premiers bombardements stratégiques par avion. Cependant de ce contexte de déshumanisation, le rapport à l’ennemi ne doit pas être réduit à l’hostilité.

C/ ...la guerre reste-telle acceptable ? On note à travers les journaux de tranchées la permanence du sentiment national. Le consentement à la guerre est donc une réalité mais il convient de constater qu’il n’est ni systématique, ni inconditionnel, ni constant. Au total, les archives des conseils de guerre révèlent l’existence de 639 fusillés "pour désobéissance militaire". En 1917, ce sont 30 à 40 000 combattants qui se mutinent après notamment après l’offensive meurtrière voulue par le général Nivelle, au chemin des Dames en avril. La chanson de Craônne, créée dans ce contexte, témoigne cependant de l’idée selon laquelle cette guerre est aussi conflit de classes sociales.

III- S’efface-t-elle au profit d’une autre à l’issue du conflit ?

A/ Les monuments aux morts perpétuent une certaine représentation de la guerre ... C’est la loi du 25 octobre 1919 établissant le principe d’une subvention d’Etat qui rend quasi systématique la mise en place de monuments aux morts. Il faut attendre le 24 octobre 22 pour que le 11 novembre devienne jour de commémoration nationale. On retrouve généralement sur ces monuments des figures symboliques comme le coq gaulois, la couronne de laurier, le drapeau tricolore associé parfois à la représentation d’un soldat, le plus souvent debout.

B/ ... ne correspondant que de façon limitée à la réalité de l’expérience combattante... Le nombre de victimes comparé à celui des autres conflits en dit long sur l’impact de cette guerre sur la démographie française. Les listes sont parfois ponctuées par le nom de batailles qui restent dans les mémoires comme des moments de grandes saignées. On constate que la violence, la brutalité des combats ainsi que la nature industrielle de la guerre apparaissent rarement sur les monuments aux morts.

C/ C’est cette réalité qui pousse à dénoncer la guerre Les monuments pacifiques qui dénoncent la guerre sont rares. Dans certaines communes, dans les années 20-30, les anciens combattants refusent de défiler aux côtés de l’armée. Pour eux ce ne sont pas de cérémonies militaires mais des cérémonies funéraires au cours desquelles on rend en hommage à des citoyens que l’on donne en exemple aux enfants des écoles.

Conclusion : La première guerre mondiale était une guerre totale, car elle a mobilisé beaucoup de moyens (soldats, industrie, armes, presse, matériel, durée...). Les combattants ont eu plusieurs expériences combattantes, car la nature du conflit à évoluer (guerre de position et de mouvement). Au sortir de la guerre, le pacifisme l’emporte dans l’esprit des anciens combattants.


 

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