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>>L’ Etat et les complots

1er avril 2016
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Les théories complotistes, c’est-à dire des théories remettant en cause la véracité de faits tels qu’un attentat pour proposer une version dans laquelle, en général, une institution telle que l’État est à l’origine des faits, existent depuis toujours. Que ce soit les théories affirmant qu’il y a un nouvel ordre mondial, que les attentats du 11 Septembre ont été fomentés par les États-Unis, que l’homme n’a jamais marché sur la lune, ou bien encore que les attentats à l’encontre de Charlie Hebdo auraient été faits par la CIA, ou même les services secrets français... Elles ont des points commun et réunissent de nombreux adeptes, qui communiquent à propos de ces théories notamment par Internet. Comment démêler le vrai du faux sur Internet ? De quels moyens l’État dispose-t-il pour lutter contre ces théories complotistes ?

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Billet de dollar américain. Auteur : Carole et Clémentine

D’après l’ article « les charognard du complot » paru dans Charlie Hebdo les théories complotistes ne sont pas récentes, en effet, dès la fin fin de la seconde guerre mondiale, il y eu le négationnisme, qui contestait la vérité du génocide des juifs par les nazis. Plus tard, en 2001, de nouvelles théories sont apparues suite aux attentats des tours jumelles. Nous pouvons donc constater que les théories du complot ont tendance à apparaître à suite de crises majeures.

Les théories complotistes se diffusent au travers des sites tels que « Stopmensonge » , qui poste des articles contestant des faits de l’actualité, ou diffusant des théories complotistes, tel que l’article « aucun avion ne s’est écrasé sur les tours jumelles le 11 septembre 2001 ?"  [1] De Laurent Freeman du 31/08/2014. Mais ces sites ne sont pas les seuls moyens de diffusion, il y a aussi les réseaux sociaux tels que twitter, Facebook.... Les théories complotistes appuient leurs argumentations sur des détails comme par exemple l’attaque de Charlie, où les policiers avaient découvert la carte d’identité perdue de l’un des terroristes ou encore le fait que la rue ait été déserte. A partir d’un ou plusieurs détails, des thèses se construisent, et des rumeurs,nouvelles incontrôlées qui se répandent, sont lancées. Elles sont construites par des groupes, souvent des jeunes qui, emportés par le phénomène de groupe, surenchérissent dans ses thèses diffusées . Dans l’article du Monde « Les attentats vus par des Marseillais : « C’est un complot pour salir les musulmans » on y entend quatre jeunes expliquant leur point de vue. L’un d’eux dit « On pense que toute cette histoire est une manipulation , ces tueurs étaient des mercenaires engagés par les services secrets pour monter les Français contre l’islam. ». Pour appuyer leurs propos ils rajoutent « Il y a beaucoup de détails qui coincent... On l’a vu sur Internet. » Ainsi les jeunes sont la plupart du temps influencés par les thèses diffusées sur internet.

Mais comment lutter contre ces théories ?

Tout d’abord, l’État peut, par le biais de l’éducation, réagir . En effet la Ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, le 13 janvier 2015, a annoncé le nouveau programme obligatoire d’EMC (= enseignement morale et civique ) en remplacement de l’ECJS (= éducation civique, juridique et sociale ). Après les attentats de « Charlie Hebdo », une minute de silence nationale avait été instaurée en hommage aux victimes. Mais certaines personnes avaient refusé d’y participer. De plus, l’État veut affronter ces théories sur le Web. Ainsi, contre la propagandes djihadiste, le gouvernement a lancé un site Web, composé de quatre grandes catégories : la menace terroriste, l’action de l’État, décrypter la propagande djihadiste et les moyens de mobilisation citoyenne. Le but est d’informer les internautes sur les théories et propagandes des djihadistes. La première vidéo qui nous accueille sur le site est une vidéo où les éléments donnés par les djihadistes sont contrés par les arguments du gouvernement. Comme nous le montre l’image du site suivant :  [2] L’État veut ainsi, par ces moyens, transmettre les informations, pour éviter les théories complotistes, qui par la suite prennent de l’ampleur. Mais également éviter que des jeunes soient influencés trop facilement par tout ces flux d’informations.

La plupart des théoriciens du complot s’arrêtent aux paroles, et aux sites tels que Stopmensonges, mais certains passent à l’actions,convaincus par les théories qu’ils défendent. Ainsi, une action qui s’est déroulée en 2015 a été relatée dans l’article « Le 14 juillet, nouveau grand soir des complotistes » paru dans Le Monde le 13.07.2015 et écrit par Morgane Tual. En effet, un mouvement construit à partir de théories complotistes avait émergé, et son fer de lance, Eric Fiorile (ancien journaliste), avait appelé à rejoindre son action via des réseaux sociaux. Il comptait faire un « coup d’État » afin de « redonner sa souveraineté aux citoyens ». il avait expliqué que son action se voulait pacifiste et qu’il appelait à se rassembler et à marcher vers l’Élysée avec le soutien des forces de l’Ordre pour les protéger. Ce mouvement du 14 Juillet avait également lancé une vidéo sur YouTube, appelant à manifester. Mais au final, il n’y a eu que 300 personnes qui sont allées manifester le 14 Juillet. Cet événement montre qu’en effet, les théoriciens du complot sont très actifs sur le net, mais ne provoquent pas d’événements à impact majeur en dehors de leur impact sur Internet.

En conclusion, nous pouvons dire que les théories complotistes, qui ont souvent tendance à apparaître suite à de grosses crises, sont diffusées largement à travers Internet avec divers sites, mais également à travers les réseaux sociaux. Parmi les gens adhérant à ces thèses complotistes, il y a également des jeunes, qui mettent en doute la véracité des faits, et donc, croient que tout ce qui est transmis par les médias et les hommes et femmes politiques est pur mensonge. Pour remettre tout cela en cause, ils avancent des arguments s’appuyant sur des détails dont l’interprétation est erronée. Ils citent leur source, qui serait la source absolue de vérité : Internet. Face à ces théories complotistes, l’État peut se servir de l’école pour habituer les jeunes à avoir un regard critique, à vérifier les sources de ce qu’ils avancent... mais la limite de ce que peut faire l’État face à ces phénomènes de groupuscules complotistes se situe lorsqu’il s’agit de jeunes n’ayant pas accès à l’éducation, ou bénéficiant d’un accès à l’éducation limité. Mais pour finir, nous avons vu que pour l’instant, il n’y a pas eu d’impact majeur de ces théories complotistes sur la société, des mouvements tels que le mouvement du 14 Juillet n’a pas eu de portée significative. Cependant, il ne faut pas négliger les impacts que peuvent avoir ces théories complotistes, car l’on peut se demander ce que donneront les citoyens de demain que sont les jeunes, si toutes leurs sources viennent d’Internet et s’ils se croient entourés d’un mensonge perpétuel. Face à ce phénomène de remise en question absolue de tous les médias, sauf Internet, et tous les politiques par les théoriciens complotistes, les médias ont également leur rôle à jouer selon Hervé Brusini. En effet, selon lui, le journaliste d’aujourd’hui se doit d’avoir une transparence totale quant à comment il a récupéré une information, et quant à ces sources.


 

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