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>>L’aide aux personnes persécutées et pourchassées dans le Gers et les Pyrénées : une forme de résistance.

19 mai 2008
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A la mémoire de Jean Labaye, résistant.

En septembre 1939, l’Allemagne nazie précipite l’Europe et le monde entier dans un conflit meurtrier, véritable rupture dans l’histoire du 20ème siècle. Les droits de l’homme les plus élémentaires sont alors bafoués au nom d’une idéologie. Désormais, on sait que l’être humain est capable du pire. Les théories racistes des nazis aboutissent au génocide de cinq à six millions de juifs et de 200000 à 400000 tziganes. Par ailleurs, la domination de l’ Allemagne nazie s’étend à toute l’ Europe. La logique génocidaire concerne donc tout le continent. Dans les Etats vassalisés comme la France depuis la signature l’armistice le 22 Juin 1940, les persécutions concernent également tous ceux qui ne se conforment pas à l’idéologie dominante et tous ceux qui résistent. Pourtant, des hommes et des femmes, des français courageux, acceptent de prendre le risque d’aider les personnes pourchassées et persécutées. Notre région en offre quelques exemples.

En enquêtant et en recueillant quelques témoignages, nous avons cherché à comprendre qui étaient les personnes persécutées, qui étaient ceux qui les aidaient. Nous avons voulu savoir ce qui animait ces derniers. Pour quelles raisons acceptaient-ils de prendre de tels risques ? Nous voulions également savoir comment ces hommes et ces femmes avaient aidé leurs congénères en danger.

Dans un premier temps, nous avons cherché à identifier ces personnes pourchassées, persécutées. Nous souhaitions également savoir par qui elles l’étaient et comment. Ensuite, nous avons cherché à comprendre qui étaient ceux qui les avaient aidés. Nous voulions comprendre leurs motivations et recenser les moyens déployés pour les secourir. Enfin, nous avons voulu savoir si ces hommes et ses femmes furent reconnus après la seconde guerre mondiale.

I / Qui sont les personnes persécutées et pourchassées ? Par qui le sont-elles et comment le sont-elles ?

Les personnes pourchassées en France le sont pour différents motifs.

Nous allons tout d’abord nous intéresser aux personnes persécutées pour ce qu’elles sont.

A la veille de la guerre, environ 330 000 juifs habitent en France dont 200 000 français. Parmi les juifs étrangers présents en France, figurent des hommes et des femmes qui ont fui les persécutions en Allemagne. Là, les discriminations ont débuté avec la prise du pouvoir par les nazis. En 1935, les lois de Nuremberg excluent les juifs de la société Allemande, en interdisant les mariages entre juifs et non juifs. En 1938, la "Nuit de Cristal" marque le début de la répression physique contre les juifs (magasins dévastés, arrestations, brutalités etc.) Même si la France, n’ouvre pas grand ses portes, un certain nombre de Juifs se réfugient alors dans notre pays. Cependant en 1940, avec la mise en place du gouvernement de Vichy et l’engagement dans la collaboration d’Etat, des lois antisémites sont adoptées. Les juifs de France métropolitaine sont soumis à des mesures discriminatoires dans leur vie au quotidien. Leur accès est interdit dans la majorité des lieux publics, et certaines professions leur sont refusées. En 1941, ils sont soumis au recensement, puis à partir de 1942 le port de « l’étoile jaune » devient obligatoire dans toute la France. Un sommet est atteint dans la politique antisémite du régime de Vichy avec la collaboration au génocide. Cette politique passe par des arrestations individuelles ou des rafles. Ainsi, en juillet 1942, plus de 12000 personnes sont arrétées au cours de la rafle du Vel’d’hiv à Paris.

L’année 1942 correspond donc à une aggravation des persécutions à l’encontre des juifs. C’est dans ce contexte que M. Suganas le père d’Odile Suganas entre en contact avec la famille Lacave pour protéger les siens.

Il est possible d’écouter un extrait de l’interview de Madame Suganas ici :

Les parents de Pierre Fiegl, jeune autrichien de 12 ans n’eurent pas la même chance. Ils furent arrêtés à Auch le 26 août 1942. Leur enfant fut recueilli dans les environs de Condom. Il fallut le cacher car les gendarmes le recherchaient.

C’est en 1943 que Monsieur Gies, venu de Marseille fut recueilli à Auch par Odette et Robert Tiennot.

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Henri Gies. Photo publiée avec l’autorisation de M. Tiennot.

Les tziganes aussi furent pourchassés. 6000 d’entres eux furent internés dans différents camps en France.

Il faut aussi compter parmi toutes les personnes persécutées et pourchassées, les étrangers qui sont suspects aux yeux de Vichy. En septembre 1939, il y a 2.2 millions d’étrangers sur 42 millions d’habitants Français. Parmi eux, figurent des allemands, or l’armistice prévoit que les ressortissants du territoire du Reich doivent être remis aux autorités allemandes. Il est à noter également que la loi du 22 juillet 40, retire la nationalité à 15 000 personnes qui l’avaient obtenue depuis 1927. Dans le Gers, il y eut des camps de détention et d’internement destinés aux étrangers à Cazaubon, à L’Isle-Jourdain, à Masseube, à Montferran-Saves, à Montestruc-du-Gers.

Dans la France de Vichy, d’autres personnes sont persécutées pour ce qu’elles pensent.

Certaines le sont pour leurs convictions politiques. Ainsi, les communistes sont des personnes pourchassées. En effet dès septembre 39, Daladier impose la mise hors la loi du Parti Communiste dans le contexte du Pacte germano-soviétique. La distribution du journal l’humanité est interdite. La répression s’aggrave partir de 1941 lorsque des militants communistes s’engagent dans la résistance armée.

On compte aussi parmi les personnes pourchassées et persécutées, les francs-maçons. A la veille de la guerre, la franc-maçonnerie rassemble près de 45 000 membres. En 1940, le gouvernement de vichy s’attaque à la franc-maçonnerie, symbole de la république jugée responsable de la défaite. Certains francs-maçons se trouvent sur les listes d’otages réalisées par les préfectures à la demande de l’ Allemagne.

Il y a enfin les personnes pourchassées pour ce qu’elles font.

Les réfractaires au STO par exemple refusent le Service du Travail Obligatoire institué en 1943. Le régime de Vichy faisait appel à des jeunes hommes de 21 à 23 ans pour aller travailler pour le compte de l’Allemagne. Entre 1942 et 1944 plus de 730 000 travailleurs partent pour l’ Allemagne. Mais certains français tentent d‘y échapper. Ils doivent alors vivre dans la clandestinité ou rejoindre les maquis pour se cacher.

D’une manière générale, les résistants également subissent la répression. C’est d’ailleurs l’une des tâches de la milice créée par Darnand en janvier 1943. Elle aide les allemands, la gestapo ou la Feldgendarmerie dans la chasse aux résistants. Ces derniers sont particulièrement exposés aux dénonciations... A Auch le siège de la Feldgendarmerie se trouvait à l’emplacement de l’actuel Hôtel de France.

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On peut également faire apparaître dans cette catégorie, ceux qui furent pourchassés parcequ’il venaient de loin combatttre l’occupant et aider les résistants. Il s’agit notamment des soldats alliés.

Dans notre région, plus particulièrement dans le village de Boulaur, des aviateurs américains ont atterri en parachute dans le village, à temps , pendant que leur avion s’écrasait dans un bois voisin. Le monastère de Boulaur a été épargné de peu. Pour enquêter sur cet évènement, nous avons interviewé Jacques Prieur, témoin de cet atterrissage sur le sol gersois :

Le mercredi 24 Août 1943 alors qu’il avait 8 ans, Jacques Prieur a vu passer au dessus de sa maison paternelle au village de Boulaur un avion en flamme suivi de deux avions de chasse Allemands. Dans leur course, les avions allemands tiraient sur l’avion Américain. Jacques et son frère Michel l’ont suivi des yeux. Il volait bas puis s’est écrasé dans le bois du Crabé. D’autres Allemands sont alors arrivés sur place. Jacques et sa famille ne sont pas allés sur le lieu de l’accident tout de suite. Les Allemands ont alors encerclé le village de Boulaur. Ils étaient au moins 100. Durant la nuit, ils ont dormi dans la grange familliale. Les parents de Jacques n’ont pas eu le choix. Le lendemain quand les Allemands sont partis, la famille Prieur a été voir le lieu de l’accident. Ils n’ont su que plus tard que les passagers Américains de l’avion avaient atterri en parachute dans des villages voisins. Les soldats ou agents alliés, parachutés par accident ou de façon volontaire sur le sol français étaient donc également pourchassés.

Quelques années plus tard, en 1993 les Américains sont revenus a Gimont. A cette occasion, ils ont fait une fête durant laquelle Jacques Prieur a fait jouer les musiciens de l’harmonie de Saramon. Puis, au lendemain de cette fête il y a eu un rassemblement à Boulaur devant la mairie où les Américains étaient accueillis par le Maire et monsieur Tolseau, Conseiller Général de Saramon.

Enfin, notons également que les prisonniers de guerre qui tentèrent de s’échapper furent aussi persécutés. Dans la période mai-juin 1940, 1 800 000 soldats de l’armée française ont été arrêtés par les troupes Allemandes avant d’être enfermés dans différents types de camps. Parmi ces prisonniers environ 70 000 réussissent à s’évader. Ces personnes sont donc recherchées. Pour se cacher, les soldats, pouvaient avoir recours à des réseaux, c’est notamment le cas du réseau « Hilaire-Buckmaster » où Madame Lamarque était agent de liaison. Ce réseau accueillait des prisonniers clandestins pour les faire évader...

II / Qui sont les personnes qui aident les pourchassés et les persécutés ? Comment le font-elles et pourquoi le font-elles

On peut identifier différentes façons de résister à savoir, le renseignement, la création de maquis, le sabotage, les attentats. On parle alors de résistance armée. Il existe également une résistance civile. L’aide aux personnes persécutées qu’elle soit faite à titre individuel ou collectif, qu’elle soit organisée ou spontanée, est une manifestation de cette résistance.

Cette aide peut prendre plusieurs formes. Certains choisissent d’héberger et de cacher les victimes par différents moyens.

Le problème de l’hébergement ainsi que du ravitaillement des pourchassés et persécutés est capital. En effet, la fuite s’opère dans l’urgence. Il faut assurer une certaine discrétion. Les lieux de refuge sont souvent isolés à la montagne ou dans les campagnes à l’écart des axes majeurs de communication.

Ainsi, à Mirande, les époux Lacave ont caché Odile Suganas et sa maman dans leur ferme des Valentées, un lieu dit relativement isolé à l’époque.

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La ferme des Valentées à Mirande. La fenêtre de la pièce qui a abrité Mme Suganas est la plus à gauche, au premier étage. Photographie publiée avec l’autorisation des propriétaires.

Mais, ce n’est pas toujours le cas. Les refuges sont des lieux où l’on réside pour une durée plus ou moins longue. Dans tous les cas, il est nécessaire de répondre aux besoins vitaux des personnes recueillies(nourriture, biens matériels....). Cela n’est possible que grâce à la contribution d’un réseau plus ou moins important de complices. Ce fut le cas à Dému dans le Gers. En effet plusieurs personnes ont contribué à l’installation de ces enfants dans leur maison, de manières différentes. Tout d’abord, les responsables de cette action ont pris de nombreux risques pour mettre en place une telle organisation. La Croix Rouge et des agents de la préfecture du Gers ont contribué à cette aide en fournissant des effets pour assurer le confort des enfants, tels que des lits, des couvertures, des draps ainsi que des denrées alimentaires. Les habitants du village apportent également leur aide pour l’installation des enfants dans la maison.

Nous pouvons également évoquer l’histoire de Pierre Feigl qui aurait pu être arrêté à Auch à l’occasion de la grande rafle effectuée par les autorités françaises le 26 Août 1942. Celui-ci a été protégé par la directrice de son refuge, Mme Cavailhon. Cependant ses parents ont été arrêtés. Grâce à ces refuges, un certain nombre d’enfants ont pu être sauvés.

Nous avons également recueilli le témoignage de Mme Tiennot et de son fils. Mme Tiennot et son mari ont, en effet, hébergé Monsieur Henri Gies à Auch pendant la seconde guerre mondiale.

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Odette Tiennot

Pendant deux ans, Henri Gies, poursuivi par la Feldengendarmerie et la milice a été caché dans l’appartement et la cave de M. et Mme Tiennot. Pendant cette douloureuse période, Madame Tiennot fit preuve d’une discrétion et d’un sang froid à toute épreuve. Les Allemands sont, en effet, venus à plusieurs reprises pour perquisitionner l’appartement, mais ils n’ont jamais arrêté Henri Gies. Une première fois, les allemands ne surent pas repérer une pièce cachée derrière la tapisserie. La deuxième fois, la famille Tiennot sut argumenter de façon pertinente en présentant Henri Gies comme étant un membre de la famille.

Voici les fenêtres de l’appartenant où les Tiennot ont hébergé Henri Gies.

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Cette porte murée est l’entrée de la cave où est resté caché Henri Gies. La porte d’entrée de l’appartement, se trouve une peu plus sur la droite.

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L’aide aux personnes persécutées peut également passer par la fourniture de faux papiers ou par de fausses déclarations. Dans ce domaine, certaines professions sont particulièrement stratégiques. C’est notamment le cas des instituteurs qui refusaient de communiquer le nombre d’élèves juifs en modifiant les informations des fiches d’inscriptions de leurs élèves. Des secrétaires de mairie ont également falsifié des papiers au bénéfice de ceux qui étaient recherchés. Certains se sont particulièrement engagés en mettant en place des organisations spécialisées dans la confection de faux papiers. Ce fut le cas à Pau dans les services de la préfecture, notamment ceux consacrés aux cartes d’identité. Madame Germaine Crauser, travaillant dans ce service pour la falsification des cartes d’ identités nous en a expliqué le fonctionnement. Chaque service était indépendant. Ils ne communiquaient pas entre eux pour éviter la dénonciation. Il s’agissait dans le service où elle opérait de recopier sur les documents d’identité des informations provenant de dossiers déjà falsifiés par un autre service. La douzaine d’employés ne retouchait rien, ils recopiaient seulement les informations sur les cartes, leur donnant ainsi un caractère officiel. Cela n’allait pas sans risques. Il faut savoir que le préfet de Pau et le secrétaire général, ont été déportés à Dachau pour l’un et à Mauthausen pour l’autre, pour faits de résistance.

Voici Germaine Crauser et les employées devant la prefecture de Pau, au service de la Carte d’identité
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Les voici maintenant en plein travail
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Pour certains, le but n’était pas de rester cacher mais d’échapper aux poursuites, aux rafles et donc de quitter la France. De nombreuses personnes optaient pour l’Espagne et franchissaient les Pyrénées grâce à l’organisation de réseaux et de passeurs. Cela s’avérait cependant périlleux et dangereux. En effet, 3 000 soldats Allemands surveillaient la frontière espagnole. Par conséquent, 30 % environ des tentatives ont échoué.

Au cours de la réalisation de notre dossier, nous avons rencontré Madame Lamarque, engagée dans la résistance dans les Hautes-Pyrénées, à la frontière espagnole, en 1942. Elle était agent de laison pour le compte du réseau « Hilaire-Buckmaster ». Elle, son frère Jean Labaye et ses parents accueillaient et hébergeaient des pourchassés, et les aidaient avec un passeurs à gagner l’Espagne à destination de l’Afrique du Nord et de l’Angleterre afin d’être en sécurité.

Madame Lamarque
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Nous avons recueilli son témoignage sur un fichier audio qu’il est possible d’écouter ici :

Venir en aide à ces persécutés et pourchassés relève souvent d’un acte spontané. Les liens personnels, les convictions idéologiques, les convictions politiques ou la simple humanité sont les motivations majeures qui les animent. Les résistants agissent dans des circonstances et pour des raisons très diverses. Ce qui nous a frappé dans tous les témoignages que nous avons recueilli, c’est la gratuité de l’acte.

Mme Lamarque nous a rappelé que dans le réseau auquel appartenait sa mère, Mme Labaye, on ne faisait rien payer à ceux qui voulaient fuir en Espagne.

A Mirande, aux Valentées, c’est par humanité et par générosité que les époux Lacave ont accueilli Odile Suganas et sa maman. Un contrat avait bien été conclu entre Monsieur Suganas et les époux Lacave, mais écoutez cet extrait audio, vous comprendrez alors que ce n’était pas l’appât du gain qui animait le couple d’agriculteurs Mirandais :

Souvent, c’est une certaine empathie qui motive ceux qui viennent en aide aux personnes persécutées et pourchassées. Cette faculté à se mettre à la place de l’autre et à partager sa souffrance peut s’expliquer par l’expérience personnelle. Le cas de Mme Tiennot est à ce titre intéressant. Elle avait, en effet, elle-même connu l’exode en 40. Son fils nous explique comment il interprète l’attitude courageuse de ses parents :

Ces actes sont d’autant plus remarquables que les risques encourus sont énormes. Les "sauveurs", en effet s’exposent à des dénonciations. Celles-ci peuvent aboutir à des arrestations comme en témoigne Mme Lamarque.

Ce qui nous a frappé en enquêtant, c’est le courage de ces femmes et de ces hommes qui prenaient beaucoup de risques et n’attendaient rien en contrepartie. Pourtant de nombreuses années plus tard, leur action fut reconnue.

III / La reconnaissance

On peut évoquer pour commencer la reconnaissance pour fait de résistance.

Madame Lamarque fut décorée en tant que jeune résistante. Sa mère, Madame Labaye, le fut également. Voici les diplômes qui lui furent décernés.

Remerciements du président Américain Dwight Eisenhower>

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Diplôme d’ honneur de l’ Union Nationale des Passeurs, et Filiéristes Bénévoles

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Les Etats ont également rendu hommage à ceux qui ont courageusement aidé les personnes pourchassées et persécutées.

En 1963, le mémorial israélien de Yad Vashem à Jérusalem a crée le titre de " Juste parmi les nations". Est honorée de ce titre toute personne qui, sans en attendre de contrepartie, a aidé des juifs menacés de mort ou de déportation, en étant consciente des risques encourus.

Ils sont 29 dans le Gers et 2740 dans toute la France. Ainsi les noms de Gaston Lacave, de Marie Lacave, d’Odette Tiennot et de Robert Tiennot, figurent sur le mur d’honneur du jardin de Yad VAshem à Jérusalem et sur celui des Justes, inauguré à Paris en 2006.

Voici le titre décerné le 26 août 1996 par le Mémorial Yad Vashem à Mme Tiennot.

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Mme Tiennot a, par ailleurs été décorée de la légion d’honneur le 20 juillet 2007

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Un hommage doit également être rendu à ceux qui ont aidé des personnes pourchassées ou persécutées puis sont rentrés dans l’ombre, aussi humblement qu’ils s’étaient engagés.

Conclusion :

Ainsi, à travers cet exposé, nous avons constaté que pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’homme fut capable du pire comme du meilleur. Nombreux sont ceux qui furent persécutés à des titres divers. Les juifs, les tziganes, les étrangers furent pourchassés pour ce qu’ils étaient. Les francs-maçons, les communistes pour ce qu’ils pensaient, les alliés, les résistants, les prisonniers évadés et les réfractaires du STO parce qu’ils refusaient de se soumettre. Les témoignages de Mme Crauser, de M. Prieur, Mme Lamarque et Mme Suganas, de Monsieur et de Mme Tiennot, nous ont permis de comprendre les dangers qui menaçaient ces personnes. Cependant, nous avons appris que dans les situations les plus dramatiques et les plus périlleuses, des hommes et des femmes pouvaient soutenir ses victimes de l’inhumanité, dans des réseaux ou de façon isolée. Le plus souvent par simple générosité, tout en étant conscientes des risques auxquels elles s’exposaient, ces personnes ont offert leur hospitalité, ont réalisé de fausses déclarations ou de faux documents ou ont fait passer la frontière. Elles n’obéissaient le plus souvent qu’à un seul mot d’ordre : aider leur prochain simplement mais efficacement.

Remerciements : Nous tenons à remercier pour leurs témoignages :

Madame Germaine Crauser, Monsieur Jacques Prieur, Madame Monique Lamarque, Madame Odile Suganas, Madame Odette Tiennot et son fils Monsieur Tiennot.

Nous souhaitons aussi remercier pour leur aide : Monsieur Olivier Dupont, délégué mémoire de l’Office National des Anciens Combattants(ONAC), Madame et Monsieur Renard.

Bibliographie : LABEDAN, G., Les étrangers de la seconde guerre mondiales dans le Gers,« bulletin de la société archéologique du Gers »,janvier 2000

Suganas, O.,Mosaïque ou reconstitution d’une mémoire, GRAPHEIN, 2000.

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Madame Suganas a également publié en Lituanie :

Atminties Mozaika, Valstybinis Vilniaus Gaono zydu muziejus, Vilniaus, 2007.

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GUTMAN, I. (dir.), Le Dictionnaire des Justes, Yad Vashem, Fayard, Jerusalem, Paris, 2003.

Association des Juifs Libéraux de Toulouse, Communauté Juive Libérale de Toulouse, 2005, Mémoires, page consulté le lundi 8 octobre 2007-10-08, adresse URL : http://ajlt-cjlt.com/memoire/11.00.07.htm

JOSSERAND, Roger ( témoignage), Association des Amis du Musée de la Résistances et de la Déportation en Isère, Résistance, page consultée le 8 octobre 2007, adresse URL :http://www.resistance-en-isere.com/Commun/docs/1/Doc279.pdf ?PHPSESSID=48cb3d50d1c3837741864c30859171ec

GREILSAMER, L., Lucie Aubrac, Le Monde édition, 16/03/07

AUBRAC, L. , La résistance expliquée à mes petits enfants, Seuil, 2000.

Vos commentaires sur cet article

  • L’aide aux personnes persécutées et pourchassées dans le Gers et les Pyrénées : une forme de résistance.

    18 mars 2008, par D’artagnan
    Très bon dossier même sil manque de précision sur les conditions et les débuts de l’antisémitisme en France. Ainsi que se qu’il se passe avant la Collaboration dans la zone sud :(camps d’internements...)

 

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